Beethovens Botschaft
Der Berner Bach-Chor sang die «Missa solemnis»
Die Spätwerke Beethovens und die 1823 als Opus 123 vollendete und ein Jahr später in St. Petersburg uraufgeführte «Missa solemnis» gehört zu ihnen zeichnen sich durch eine kompromisslose Expressivität aus. Der ertaubte Komponist nahm bei vokalen Partituren kaum mehr Rücksicht auf die menschliche Stimme: Sowohl die Chöre als auch die Solisten haben sich in der 9. Sinfonie op. 125 wie auch in der «Missa solemnis» mit nahezu unsingbaren Stellen herumzuschlagen.
Mit den oft in Extremwerte getriebenen Anforderungen an die Interpreten ist allerdings auch eine Aussagekraft von weit überdurchschnittlichem Tiefgang verbunden: Beethovens Botschaften erschüttern immer wieder die Ausführenden und die Hörenden. Sie gehören zu den wichtigsten, den bedeutendsten Schöpfungen der Klassik.
Der Berner Bach-Chor, von Theo Loosli offenbar vorbildlich einstudiert, meisterte die ausserordentlichen Schwierigkeiten der Chorpartien überaus respektabel, fand zu dramatischen Verdichtungen wie zu lyrischer Verinnerlichung, zu strahlendem Jubel wie zu verhaltener Subtilität, zu differenzierter Wortdeutung wie zu begeisterter Identifikation mit dem Gehalt von Text und Musik. Der Dirigent Theo Loosli hatte das oft sperrige, oft extrem schwierige und oft gar nicht leicht nachvollziehbare Werk souverän im Griff. Er animierte seine hundertköpfige Sängerinnen- und Sängerschar unablässig zu intensiver Mitarbeit und darf diesen «Missa»-Nachvollzug zu seinen besten, zu seinen inspiriertesten Leistungen zählen. Erfreulich, dass das den Chor untadelig stützende Orchestre Symphonique Neuchâtelois die instrumentalen Aufgaben klaglos betreute und im Konzertmeister Joan Gramatic und dem Organisten Philippe Laubscher treffliche solistische Helfer besass.
Im Vokalquartett stach der nobel, ausgeglichen und ausdrucksvoll singende Bassist René Koch besonders hervor, doch überzeugten auch die übrigen drei Solisten: Brigitte Hool mit hellem, glanzvollem und nur in den höchsten Spitzenregionen noch nicht völlig ausgereiftem Sopran, Andreas Scheidegger mit unforciertem, leuchtkräftigem und zum Heldischen drängendem Tenor und Graziela Valceva-Fierró mit ihrem apart timbrierten und flexiblen, aber in den tieferen Lagen noch zu wenig sonoren Alt.
23.12.2003 - Der Bund, tt
Emouvant concert de l'Avent [nach oben]
Neuchâtel. Le choeur Bach de Berne et l'OSN ont offert une superbe version de la «Missa solemnis» de Beethoven
Solennelle est la messe de Beethoven: solennel a été le concert donné hier au temple du Bas par le choeur Bach de Berne et l'Orchestre symphonique neuchâtelois. Théo Loosli conduit résolument choristes et musiciens. Il a une vision monumentale de la partition. Par un tempo assez lent, il donne au Kyrie un caractère implorant. Puis dans le Gloria et les autres séquences de l'oeuvre, il multiplie les contrastes rythmiques et dynamiques, il parsème son exécution d'accents généreux. On relève la collaboration de Philippe Laubscher à l'orgue qui a accompagné le «descendit de coelis» du Credo, d'une substantielle gamme descendante.
Le choeur Bach, 80 exécutants, est bien équilibré. La justesse est à toute épreuve y compris dans les passages les plus tendus. Les registres de voix d'hommes sont solidement timbrés. Une large palette de nuances permet à ces voix de_ passer rapidement du fortissimo le plus brillant au pianissimo le plus tendre, tel le «et incarnatus est» du Credo, ou le suppliant «qui tollis» de l'Agnus. L'Orchestre symphonique neuchâtelois a eu également de belles couleurs. La flûte traversière a ajouté à l'émotion. La plupart des compositeurs qui on écrit des messes, ont situé le Sanctus dans l'exubérance, Beethoven, lui, place cette séquence dans un profond recueillement. Les pianissimos des altos, des violoncelles, ont démontré ici beaucoup de sensibilité. Et lorsque Beethoven a épuisé la force des mots, c'est à un air de violon solo qu'il offre la voix de la confidence. Par un ton ému qui n'a jamais faibli, Ioan Gramatic, a joué ce rôle avant de reprendre le dialogue avec les solistes et l'orchestre.
Théo Loosli a fait confiance à un quatuor de jeunes solistes qui fait mieux que tenir la route dans cette partition exigeante. Les voix sont belles avec une mention particulière à Brigitte Hool, soprano, dont le rôle est écrasant. Graziela Valceva-Fierro, contralto, Andreas Scheidegger, ténor, Sylvain Muster, basse, forment un quatuor qui dialogue réellement avec le choeur.
Ce concert de Noël a été suivi par un large public. On a reconnu dans cette exécution le métier de Théo Loosli, capable de fédérer les talents les plus divers pour rendre à la musique toute sa force. /DDC
Ce concert sera repris au Casino de Berne les 21 et 26 décembre
15.12.2003 - L’Express, Denise de Ceuninck


%)
%)
%)